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DVD "Norman McLaren / 21 Films"
/ Ed: Cinédoc-Paris Films Coop (Sept. 2006)
par Alexandre
Tylski
La sortie de ce DVD donne un nouvel aperçu du travail pionnier de Norman McLaren. 21 films réalisés par le maître sont ainsi désormais consultables pour tous les cinéphiles, enseignant(e)s et élèves désireux d'entrer dans un autre monde audiovisuel. Un documentaire d'A.S.Labarthe sur Norman McLaren (2001) vient par ailleurs apporter un complément riche sur le créateur, et le DVD (édité par Cinédoc-Paris Films Coop) complète l'excursion avec une galerie photographique ainsi qu'un livret illustré et rédigé par D.Willougby.
Norman McLaren, un parcours
Né en Ecosse (Royaume Uni) en 1914, Norman McLaren intègre l'école d'art de Glasgow School en décoration intérieure. Il devient membre de la Glasgow Film Society en 1932, réalise son premier film court ( Seven Till Five ) en 1933 et obtient un poste au General Post Office Film Unit de Londres. A l'âge de 35 ans, il part à New York et y tourne plusieurs films pour le « Guggenheim Museum of Non-objective Painting ». Mais il rejoint surtout Ottawa lorsque l'Office National du Film y est fondé et l'invite. Ainsi, dès 1942, N.McLaren crée le département animation de l'ONF (engageant alors E.Lambart, R.Jodoin & J-P.Ladouceur, J.McKay & G.Dunning, et G.Munro à le rejoindre). Débute alors pour N.McLaren une très riche production artistique et iconoclaste pour des festivals, des institutions et la télévision notamment. Il remporte en 1952 un Oscar et poursuit plus que jamais ses expérimentations graphiques créant toujours ses propres génériques animés avec vive invention. Il décède en 1987 à Montréal après avoir réalisé un très grand nombre de courts-métrages et après avoir découvert et inspiré beaucoup d'animateurs de talent.
Le générique dans tous ses états
Le travail de N.McLaren prolonge irrémédiablement les films avant-gardistes des années 1920 et 1930 (dont H.Richter, D.Vertov, R.Pfenniger, L.Lye ou E.Cohl), mais au-delà de ses inventions plastiques, visuelles, audiovisuelles et rythmiques, c'est de l'inventeur des génériques audiovisuels colorés et animés dont nous pouvons ici nous émouvoir. Nombre des films courts de N.McLaren, en particulier ses premières créations, sont amorcés par des expériences amusantes et poétiques sur les génériques, comme ceux conçus pour Stars and Stripes (1941) ou encore Hoppity Hop (1946). On notera également le générique de Caprice en couleurs (1949) qui n'est pas sans rappeler certains génériques ultérieurs des géants du générique, dont S.Bass et M.Binder. Le jeu sur les lettres (que N.McLaren expérimenta déjà dès le début des années 1940) sidère par sa modernité, en particulier dans le générique de Two Bagatelles (1952) – et ce, à l'heure même des jeux graphiques récurrents sur les lettres dans les génériques contemporains (notamment chez Kyle Cooper). Le jeu sur les noms et les fonctions dans le générique, mené par un sens toujours très rythmique si propre à N.McLaren, fait merveille dans le générique de Blinkity Blank (1955) et rappelle également les génériques les plus osés et colorés de J-L. Godard dans les années 1960 (notamment Une Femme est une femme ). Bref, ce que nous appelons aujourd'hui la révolution des génériques animés dans les années 1950 doit beaucoup à l'esprit libre et enfantin de N.McLaren, plus que jamais un des noms les plus importants dans l'histoire esthétique du générique audiovisuel (télévisuel comme cinématographique), en tant que lieu et moment d'expérimentation poétique.
Informations complémentaires: http://www.cinedoc.org
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L'AUTEUR
Alexandre
TYLSKI enseigne le générique
de film à l'ESAV (Ecole Supérieure d'Audio
Visuel), il est directeur de la rédaction de
la revue Cadrage, chercheur au LARA (Laboratoire de
Recherches en Audiovisuel de l'Université Toulouse
II) et membre du SFCC Syndicat Français de
la Critique de Cinéma.
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Article écrit par A.Tylski en Sept. 2006 © Cadrage/Arkhome ISSN 1776-2928. Tous droits
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