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Entretien
avec Alex de la Iglesia (inédit)
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Un cinéaste amoureux des génériques
par Alexandre
Tylski,
Générique & Cinéma,
Mars 2008
A l'occasion de la sortie de son dernier long-métrage, Crimes à Oxford, Alex de la Iglesia a aimablement répondu à quelques-unes de nos questions concernant ses génériques de films. Il nous dévoile les coulisses de son dernier générique et avoue à quel point il aime les génériques, les fabriquant lui-même le plus souvent.
AT: Comment est né le générique d'ouverture, qui joue sur les lettres et les chiffres, de votre dernier film, Crimes à Oxford ?
ADLI: « Au début, j'avais plusieurs idées en tête. D'abord, je voulais faire un générique à la Escher, en un seul plan avec les personnages se croisant de haut en bas dans une architecture complexe à escaliers, couloirs et recoins. Ensuite, j'ai eu une autre idée également, celle de créer un générique sur fond de cluedo géant dans lequel les personnages évoluent. Cela aurait fantastique, hélas nous n'avons pas eu d'argent pour faire le générique que je voulais. En tout cas, cette idée de générique à la Escher m'a donné l'idée du grand plan-séquence du film dans lequel les personnages se croisent sans se voir à Oxford. »
AT: Les génériques d'ouverture sont potentiellement des lieux propices à l'expérimentation et aux inventions visuelles…
ADLI: « Oui, l'expérimentation chez Hitchcock par exemple est remarquable. Il avait besoin d'exercices, comme les génériques, pour expérimenter, c'est pour cela qu'il aimait travailler ses ouvertures, y compris dans sa célèbre série télévisée « Hitchcock Presents ». J'ai d'ailleurs repris la spirale du générique de Vertigo dans un de mes génériques précédents, La Communidad. Je ne fais des hommages exprès mais par plaisir. Ou par volonté d'employer des symboles, des indices et des ellipses, un peu comme chez Hitchcock. »

AT: Les génériques font partie intégrante du corps de vos films, et de leur processus créatif, génésiaque ?
ADLI: « Je pense toujours au générique avant le tournage, même pendant l'écriture du scénario. Par contre, je ne saurai els analyser. Je ne fais pas des clins d'œil ou des hommages exprès dans mes génériques, ils sont guidés d'abord par le plaisir. Ou par la volonté d'employer des symboles, des indices et des ellipses, un peu comme chez Hitchcock en effet. J'aime tellement Saul Bass en particulier. En Espagne, nous avons Juan Gatti, qui travaille souvent sur les génériques de Pedro Almodovar. Il a signé un de mes génériques (La Communidad). Mais j'ai fabriqué tous mes autres génériques moi-même, sans technicien. J'adore les génériques ! »
Remerciements à Stéphanie, La Fabrique de Films.
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L'AUTEUR
Alexandre
TYLSKI enseigne le générique
de film à l'ESAV (Ecole Supérieure d'Audio
Visuel), il est directeur de la rédaction de
la revue Cadrage, chercheur au LARA (Laboratoire de
Recherches en Audiovisuel de l'Université Toulouse
II) et membre du SFCC Syndicat Français de
la Critique de Cinéma.
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Propos recueillis par Alexandre Tylski le 05.03.08 à Toulouse. © Cadrage/Arkhome ISSN 1776-2928. Tous droits
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